Nous sommes nombreux à avoir grandi dans une maison où tout devait être parfait.
Mon père, aussi aimant soit-il, était particulièrement méticuleux sur l’ordre et la propreté. Les chaussures devaient être alignées parfaitement pour que nous puissions glisser nos pieds dedans et partir. Mon écriture devait être impeccable. Chaque sortie était soigneusement planifiée pour éviter tout incident. Les erreurs n’étaient pas seulement mal vues, elles étaient vécues comme des catastrophes.
Et non, je ne le blâme pas. Il a été élevé avec des attentes similaires. Mais maintenant, en tant que parent, je fais le choix conscient de briser ce cycle.
Quand les attentes de l'enfance nous suivent dans la parentalité...
Quand on grandit en s’attendant à ce que tout soit parfait, ces attentes restent ancrées en nous. Et avant même de s’en rendre compte, l’imperfection de notre enfant devient notre déclencheur :
- Nous nous sentons irrités lorsque de la soupe se renverse sur la table.
- Nous sommes frustrés lorsque des jouets sont éparpillés sur le sol.
- Nous sommes agacés lorsque notre enfant ne parvient pas à suivre les instructions.
Or, nos enfants étant déjà soumis à nombre de contraintes, il n’ont pas besoin de pressions supplémentaires, d’autant plus chez un enfant qui serait déjà naturellement dur avec lui-même. Nos enfants ont besoin de savoir qu’il est normal d’être imparfait. Ils ont besoin de nous voir faire des erreurs et de les gérer avec humilité et grâce.
N’oublions pas que les gens sont plus importants que les choses. On peut essuyer la soupe. On peut ranger les jouets. On peut finir les devoirs le lendemain.
Nos enfants sont en phase de développement. Ils apprennent notamment à gérer leur vie.
Quelques idées pour normaliser les erreurs à la maison
🗣 Je parle ouvertement de mes propres erreurs :
- « J’ai oublié les clés à la maison. Je vais devoir les récupérer. »
- « J’ai mis du bicarbonate au lieu de la levure chimique. J’aurais dû vérifier. »
🙏🏼 Je m’excuse lorsque je fais une erreur :
- « Je suis désolée de t’avoir crié dessus. J’aurais dû prendre un moment pour me calmer. »
- « Je croyais que tu avais renversé les céréales. Désolé d’avoir deviné. Je te demanderai la prochaine fois. »
🧪 J’essaie de nouvelles choses et je les montre à mon enfant :
- « Je ne joue pas aux échecs d’habitude, mais j’aimerais apprendre de toi. »
- « Ce n’est pas mon légume préféré, mais je vais quand même goûter ce plat. »
🌱 Je célébrez les petites victoires :
- « J’ai fait 10 minutes de sport aujourd’hui. Je vais continuer d’essayer. »
- « J’ai pensé à faire toutes les courses ! »
Aidons nos enfants à comprendre que les erreurs nous font avancer.
En montrant l’exemple sur la façon dont nous gérons les erreurs, nous permettons à nos enfants d’être humains.
Les erreurs ne sont pas synonymes d’échec. Elles font partie du développement.
On ne laisse pas les erreurs telles qu’elles sont. On guide, on les corrige et on continue d’apprendre.
Alors, laquelle de vos erreurs allez-vous partager avec vos enfants ? Cela peut provenir d’un incident récent au travail ou d’une bêtise que vous avez faite en grandissant…
Parlez-en, assumez-la et riez-en ! Montrez à votre enfant que les erreurs ne sont pas la fin du monde.
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